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Souscription au capital

Ce dispositif permet aux associés de certaines sociétés de bénéficier d'une réduction de leur impôt sur le revenu égale à 25 % des sommes investies dans le capital de la société :
-
soit lors de sa constitution,
- soit lors d'une augmentation de capital.


  Conditions

 Tenant aux bénéficiaires

Ils doivent :
être des personnes physiques, souscrivant au capital d'une société non cotée,
être domiciliés fiscalement en France,
prendre l'engagement de conserver les titres reçus en échange de leur versement pendant 5 ans.

Tenant à la société

La société bénéficiaire de la souscription doit satisfaire aux conditions suivantes :

être soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) dans les conditions de droit commun,
exercer une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière, à l'exception de la gestion de son patrimoine mobilier ou immobilier,
ne pas avoir ses titres admis aux négociations sur un marché réglementé français ou étranger,
avoir son siège social dans un Etat membre de l'Union européenne ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l'espace économique européen,
remplir les critères de la PME au sens communautaire, c'est-à-dire : employer moins de 250 salariés, et avoir un chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 millions d'euros ou un total de bilan inférieur à 43 millions d'euros,
être détenue pour 25 % au plus par des sociétés ne répondant pas aux critères de la PME communautaire précisés ci-dessus.

Les conditions relatives à la détention du capital social et à la nature de l'activité ne s'appliquent pas pour la souscription au capital des entreprises solidaires.

Précision : la réduction d'impôt profite également aux personnes physiques qui souscrivent au capital d'une société intermédiaire :
-
remplissant les conditions d'application de cette mesure, à l'exception de celle relative à la nature de l'activité,
- dès lors que cette société a pour objet social exclusif de détenir des participations dans le capital de sociétés exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière, à l'exception de la gestion de son patrimoine mobilier ou immobilier.
Le montant de la réduction d'impôt est alors adapté afin de ne tenir compte que du montant des souscriptions réalisées par la société intermédiaire au capital de PME.

Le plafond des versements effectués à compter du 1er janvier 2009 et ouvrant droit à la réduction d'impôt est majoré si la société remplit les conditions supplémentaires suivantes :

 être créée depuis moins de 5 ans,
 employer moins de 50 salariés,
 réaliser un chiffre d'affaires annuel ou avoir un total de bilan inférieur à 10 millions d'euros au cours de l'exercice,
 être en phase d'amorçage, de démarrage ou d'expansion,
 ne pas relever des secteurs de la construction navale, de l'industrie houillère et de la sidérurgie.


  Portée de cette mesure

  La réduction d'impôt

Elle est égale à 25 % du montant des versements effectués jusqu'au 31 décembre 2012.

 Plafond annuel pour les versements :

- 20 000 euros (personne seule)
- 40 000 euros (couples mariés ou pacsés - imposition commune).

 Plafond annuel majoré pour les versements effectués depuis le 1er janvier 2009 à des sociétés remplissant les conditions supplémentaires mentionnées au-dessus :

- 50 000 euros (personne seule)
- 100 000 euros (couples mariés ou pacsés - imposition commune).

En cas de libération différée du capital de la SARL, la réduction d'impôt s'applique dans les mêmes conditions que pour une SA, à savoir : " la réduction d'impôt s'applique à chaque versement de libération du capital retenu dans la limite annuelle de 20 000 euros pour une personne seule et de 40 000 euros pour un couple marié. Par suite, en cas de versements échelonnés de libération du capital sur plusieurs années, l'avantage fiscal s'applique au titre de chacune des années concernées" (réponse ministérielle publiée au JO du Sénat du 15 février 2001 p. 580).

Précision : cette réduction d'impôt est prise en compte dans le plafonnement global des avantages fiscaux pouvant être accordés au titre de l'impôt sur le revenu, soit dans la limite de 20 000 € majorés de 8 % du montant du revenu imposable à compter de l'imposition des revenus de l'année 2010.

 Le report des versements excédant le plafond annuel

Les versements qui excèdent le plafond annuel de 20 000 et 40 000 euros, peuvent bénéficier de la réduction d'impôt de 25 % sur les 4 années suivantes. La réduction d'impôt sera calculée dans la limite du plafond annuel des versements. Ainsi, la réduction totale pourra atteindre les plafonds de 25 000 ou 50 000 euros étalés sur 5 ans.

Exemple : en 2010, une personne mariée souscrit au capital d'une société, pour un montant total de 115 000 euros. Cette société ne remplit pas les conditions pour permettre au souscripteur de bénéficier de la majoration du plafond des versements.
Au titre de l'imposition des revenus de 2010, elle bénéficie d'une réduction d'impôt égale à 10 000 euros (40 000 x 25 %). Les versements qui excèdent le plafond annuel de 40 000 euros (soit 75 000 euros) sont reportés sur les 2 années suivantes. Le montant de la réduction d'impôt s'élève donc à 10 000 euros au titre de l'imposition des revenus de 2011 et à 8 750 euros (35 000 x 25 %) au titre de l'imposition des revenus de 2012.
Total de la réduction d'impôt : 28 750 euros.

Attention ! Le report de l'excédent du plafond annuel sur les 4 années suivantes ne s'applique pas aux personnes bénéficiant de la majoration du plafond de versements applicable depuis le 1er janvier 2009.

 Le montant maximal annuel de la réduction

Il est de 5 000 euros ou 10 000 euros par an si le souscripteur ne peut pas bénéficier de la majoration du plafond de versement.

Ce montant est porté à 12 500 € pour un célibataire et à 25 000 € pour une personne mariée si la soucription s'effectue depuis le 1er janvier 2009 au profit :
- d'une société lui permettant de bénéficier de la majoration du plafond de versement,
- ou de sociétés lui permettant à la fois de bénéficier de la réduction d'impôt sans majoration du plafond et avec majoration du plafond.


  Modalités d'application

La société délivre à l'associé un état individuel qu'il joint à sa déclaration de revenus et qui mentionne : l'objet pour lequel il est établi (application de l'article 199 terdecies-0 A du CGI), la raison, l'objet et le siège de la société, l'identité et l'adresse du souscripteur, le nombre de titres souscrits, le montant et la date de souscription, que la société remplit bien les conditions.

En cas de souscription au capital d'une société intermédiaire, celle-ci délivre l'état individuel qui doit mentionner les informations supplémentaires suivantes : raison, objet et siège social de la société bénéficiaire de la souscription, le nombre et le montant des titres souscrits, ainsi que la date de l'opération.

Des obligations déclaratives supplémentaires existent en cas de souscription au capital d'une société dont les titres sont admis sur un marché financier français ou étranger non réglementé (production d'un avis d'opéré, d'une copie de l'information publique publiée et d'un prospectus).


  Précisions

  Le non cumul avec d'autres avantages fiscaux liés à la créationd'entreprise

La réduction n'est pas cumulable avec :

- la déduction des intérêts d'emprunts pour la souscription au capital d'une société nouvelle (article 83, 2° quater du CGI),
- la réduction d'impôt au titre des intérêts versés pour les emprunts contractés pour la reprise d'une société non cotée (article 199 terdecies-O B du CGI),
- la réduction d'impôt au titre des investissements dans les DOM (article 199 undecies du CGI),
- les avantages fiscaux accordés aux personnes qui souscrivent au capital de sociétés finançant des oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles (article 163 septdecies du CGI),
- la réduction d'impôt en faveur des souscriptions de titres de sociétés d'outre-mer (article 199 undecies A du CGI).

  Plans d'épargne

Les actions ou parts dont la souscription a ouvert droit à la réduction d'impôt ne peuvent figurer dans un plan d'épargne en actions (PEA) ou dans un plan d'épargne salariale (plan d'épargne entreprise, plan d'épargne interentreprises, plan partenarial d'épargne salariale volontaire ou plan d'éparge pour la retraite collectif).


  Reprise de la réduction d'impôt

Les personnes qui ont bénéficié de la mesure, doivent conserver les titres pendant 5 ans (jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de la souscription).
Précision : la donation des titres de la société pendant cette période de 5 ans ne remet pas en cause le bénéfice de cette mesure.

Lorsque tout ou partie des titres sont cédés avant l'expiration de ce délai, il est procédé à une reprise de la réduction d'impôt obtenue.
Précision : en cas de cession partielle des titres, la réduction d'impôt ne sera reprise qu'à hauteur des titres cédés.

La reprise n'est pas applicable notamment en cas de licenciement, décès ou d'invalidité de 2ème ou de 3ème catégorie du contribuable.


  Texte de référence

Articles 199 terdecies-0 A du CGI

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